Il m’est arrivé à plusieurs reprises de vous parler des lois un poil liberticides sur Internet. Hadopi, LOPPSI, ACTA, chacune a tenté à sa hauteur de limiter par divers moyen le piratage, l’échange de fichier direct ou même l’anonymat sur Internet.
Cependant, beaucoup de ces lois restent relativement sombres pour la plupart d’entre nous. Elles sont mal connues, et forcément leur impact et leurs pouvoirs sont mal identifiés par les internautes.
Pour preuve, « l’attaque du gendarme » qui sous-entend que vous avez « violer la loi française » et qui vous réclame de payer immédiatement une belle somme a surement fonctionné à merveille avec plusieurs personnes.
D’autres ont demandé conseil pour savoir s’ils étaient vraiment victimes d’une arnaque ou coupables d’un délit.
Hadopi, une inconnue ?
Ce que très peu savent, c’est que depuis sa naissance en 2009, la HADOPI et sa riposte graduée n’ont adressé qu’un million de premiers courriers d’avertissement (pour 23,1 millions d’internautes en France), moins de 100 000 du deuxième courrier d’avertissement, que seuls 314 internautes ont été avertis trois fois et qu’aucune sanction n’a pour le moment été encore prononcé à l’encontre d’un pirate du net. Aucune. Rien. Nada ! Même pas une sanction à se mettre sous la dent.
Preuve de son inefficacité ? J’irais pas jusque-là. Mais pas loin. A la limite de l’inefficacité quoi.
[Pour rappel : aucun risque de sanction avant le troisième courrier, et encore après votre dossier passe en justice... D'ici là, z'avez le temps de voir venir]
Autre fait méconnu : les contenus surveillés par la Hadopi. Selon une étude menée par M@rsouin, un groupement de chercheurs, les internautes pensent que la Hadopi surveille les échanges sur les sites de Peer to peer (P2P), les sites de stockage, tout ça…
Plus étonnant, 12 % des internautes pensent qu’elle est capable de surveiller les fichiers échanger depuis une clé USB. Alors, je veux bien hein. Mais la Hadopi n’a pas encore les moyens de passer au scanner chaque fichier échanger de mano à mano. Tout juste de surveiller ceux sur les sites de P2P. Et c’est tout. Rien d’autre. Pas de quoi fouetter un chat, ou un âne pour ceux qui utilisent encore Emule (quoi ? Elle était nulle… ok…)
Et avec ces résultats, la Hadopi clame haut et fort que grâce à ses actions, le piratage a diminué. Or, c’est juste l’audience sur les sites de peer-to-peer qui a régressé. Pas le piratage. Les internautes ont beau craindre que la Haute Autorité surveille le direct download et l’échange de main à main, cela ne les empêche pas de le faire.
Hadopi en souffrance ?
Hadopi est donc de plus en plus contesté de l’extérieur, par les internautes qui continuent de « pirater » et à qui la loi passe au-dessus de la jambe.
Mais elle est aussi contestée de l’intérieur et par le gouvernement… Et plus étonnamment, par la Sacem, vous savez, le lobby de la musique ?
En effet, cette dernière a exprimé, par la voix de son président trouve que l’Hadopi lui coûte trop cher pour ce qu’elle rapporte.
D’un côté il regrette l’absence de sanction automatique et immédiate. Pour lui, à l’image du radar automobile, le radar anti piratage devrait être adopté pour « flasher » et réprimander un internaute dès qu’il franchit la ligne rouge. Ce type de fonctionnement, l’Hadopi l’a toujours refusé.
De l’autre, il déplore l’impopularité de la Haute Autorité qui, pense-t-il, fait passer la mesure comme « attentatoire aux libertés alors qu’elle est plutôt attentatoire au droit des créateurs ».
En gros, en plus de lui couter très cher, cette mesure rend impopulaire le lobby de la musique auprès du grand public…
Outre les membres du collège, les salariés qui s’occupent de vous surveiller vivent assez mal leur travail : pas assez de temps pour faire les choses correctement, peu de reconnaissance, tâches répétitives…
Un malaise est apparemment en train de s’installer durablement au sein même du l’autorité chargé de vous surveiller. En même temps quand plus de quatre salariés sur dix affirment avoir été verbalement agressé par leur supérieur, j’imagine que ça donne pas envie de se lever le matin pour faire sa besogne!
Ensuite, au sein même de la Hadopi ça commence à se crêper le chignon. Entre les 9 membres du collège, ce n’est pas la super ambiance qui règne. Et sa présidente est de moins en moins populaire, surtout depuis que sa voix, prépondérante, a permis de valider le budget annuel de l’Hadopi contesté par 4 des 9 membres. Ambiance.
Et enfin, pour la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, Hadopi coûte trop cher à l’État. L’enveloppe de 12 millions d’euros pour l’année 2012 lui semble injustifiée. Surtout que la ministre reste sceptique sur l’efficacité du dispositif (ah bon ?).
Alors en plus de se serrer la ceinture, la Hadopi devra composer avec une mission de concertation sur son intérêt. Dirigée par Pierre Lescure (un ancien de Canal), cette commission a pour but ultime de déterminer l’avenir de cette Haute Autorité et d’orienter la politique pour satisfaire les ayants droit et pour rassurer les internautes.
De quoi sera faite la Hadopi de demain ? Réponse en 2013. En attendant, gardez en tête qu’à part en téléchargent sur Emule ou autre truc du genre et que si vous recherchez les tubes de Barbelivien, pas trop de risques de vous faire chopper ;)








haaa la la… Hadopi… on entend parler du loup mais on n’en voit pas la queue !